mercredi 22 juin 2016

LA PETITE BÊTE QUI MANGE LA GROSSE, de JYB

Titre : LA PETITE BÊTE QUI MANGE LA GROSSE

Auteur : JYB

Catégorie : Animaux

« Toute forme de vie mérite le respect » est une consigne que j’apprécie beaucoup.
Il y a quelques années, un soir, je regardais la télé, assis sur mon canapé, dans le noir. Je remarquais une tache noire sur le mur, au-dessus de l’écran. J’attendis la publicité pour me lever, éclairer la pièce et aller voir de plus près ce qu’était ce point noir. Et là, stupéfaction : en moins d’un dixième de seconde, ce point se retrouvait à deux mètres de là, à l’autre bout du mur. Qu est-ce que c’était que ce truc ?
J’allais à nouveau voir de plus près et ce que je vis me glaça d’effroi. Sur un corps de cinq centimètres de long étaient greffées des centaines de pattes semblables à de la soie et une paire d’antennes. Je n’avais jamais rien vu de tel. Et, tandis que je commençais à me demander comment j’allais faire sortir cet animal de l’appartement, le voilà qui se remettait en mouvement. Il était déjà sur le parquet et se déplaçait à une vitesse fulgurante. 
Tous les poils se dressèrent sur mon corps en même temps que la chaleur m’envahissait. Je fis un bond jusque sur mon canapé d’où je saisis un balai caché derrière la rampe d’escalier. La bête avait disparu. Je restais là un moment en position debout le cœur battant à tout rompre à attendre son retour. Ce qui finit par arriver. Le bolide sortit de sous le canapé.
Je donnais des coups de balai sans bien savoir si j’arrivais à toucher l’animal. Je finis par arrêter. Sur le parquet ne restait qu’un corps sans vie. Je me calmais un peu. Je finis par descendre du canapé pour aller chercher un kleenex pour me débarrasser du corps. Mais à mon retour, le monstre avait repris du poil de la bête. Il recommençait à se promener sur le parquet. Cette fois, je saisis un dictionnaire et le lui balançait dessus. En plein dans le mille. Cette fois il ne restait que de la bouillie de la chose.
Une recherche m’apprit plus tard que cet animal était une scutigère véloce, une variété de mille-pattes utile vivant dans les appartements humides et qui dévore les fourmis et les abeilles. J’avais fait un délit de sale gueule et j’en avais honte.
Ce fut ma première rencontre avec cet animal mais pas la dernière. A ma grande honte, je continue d’en avoir une peur bleue et à chaque fois ça se termine par un carnage. Entre la Speedy Gonzales des insectes et moi, ce n’est pas le grand amour. Imaginer cette bête qui viendrait me courir dessus pendant mon sommeil me révulse.
Alors certes, « toute forme de vie mérite le respect » mais on peut faire notre vie chacun de son côté, d’accord ?

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